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Les trains transatlantiques de la Compagnie de l'Ouest

Spécial 10 avril 2012 µ

 

Les ports du Havre et de Cherbourg voient leur fréquentation augmenter à partir de 1880. De plus en plus de compagnies étrangères font escale dans les ports du Havre, port d'attache des navires de la Compagnie générale Transatlantique, et surtout à Cherbourg où la rade offre un abri sûr aux navires.

Le traffic connait donc un accroissement fort pour les émigrants, mais aussi auprès de la clientele d'affaire et de tourisme.

C'est à partir de 1895 que la Compagnie de l'Ouest met en place un service de trains spéciaux destinés à emmener ces passagers depuis Paris vers les ports de la Manche.


Les salons de l'ex Club Train

Les premiers trains spéciaux de la Compagnie de l'Ouest sont mis en service vers Cherbourg à partir de 1895 à la demande de la Compagnie Hamburg Amerika Linie qui souhaite faciliter l'escale de ses passagers de première classe.

A l'origine, l'Ouest ne dispose pas de matériel adapté au service des paquebots. Le service sera donc initialement assuré par le matériel de la CIWL. Or à l'époque la CWIL possède dans son parc du matériel inutilisé, provenant de l'ex Club Train. Cet l'ancètre de la Fleche d'Or circulait entre Paris et Londres depuis 1889, mais la fréquentation avait conduit à supprimer le service dès 1893. Le matériel comporte notamment les superbes voitures salons 255 à 261 reconnaissables à leurs plateformes semi fermées.

Voitures-salons 255 à 261 de l'ex Club Train reconnaisables aux plateformes semi-fermées +

 


Les salons de la Compagnie générale Transatlantique

Le Havre est le port d'attache des navires de la Compagnie générale Transatlantique. Cette compagnie maritime exploite depuis 1883 dix voitures à bogies destinées au trafic des émigrants, dont 9 voitures de 80 places et une voityure de 40 place et bullet.

En 1895, elle modifie 6 voitures en voiture-salons et les baptise aux noms de provinces française comme des paquebots de sa flotte.

Sans photo d'époque, difficile d'affirmer que ces voitures ont assuré des mouvements en rame homogène entre Paris Saint Lazare et le Havre.

Il semble que la compagnie a fait appel assez rapidement elle aussi aux services des voitures de la CIWL, et les voitures salons de la CGT seront très vites revendues vers 1900 à la CIWL qui les numérote 741 à 746.

Très facilement reconnaissables à leur fenetre centrale arrondie en partie haute, les voitures salons de l'ex club train sont incorporées au train transatlantique "New York express" vers Cherbourg, où elles cotoient les voitures de l'ex Club Train.

Trois d'entre elles seront transformées en restaurant en 191, une autre en fourgon cuisine, les deux dernières revendues à la CFWB.

 

Voitures-salons ex Club Train et ex Compagnie Générale Transatlantique. +

Quant au "Transatlantique Express" qui relie Paris Saint Lazare à le Havre, il semble qu'il a été un temps composé d'un fourgon CIWL à trois essieux, de 4 voitures - salons CIWL, d' une voiture - restaurant sans cuisine et d'un fourgon cuisine, matériel semblable à celui utilisé pour le Club train.( série WRSC 242 à 244 & FC 1024/1026).(cf note)

 


Le matériel teck Ouest

A partir de 1900, la compagnie de l'Ouest met en service des voitures à bogies en teck. Ces voitures sont très similaires dans leur construction aux voitures de la CIWL, dont les premières classes ont d'ailleurs récupérés des bogies similaires.Elles sont dès lors incorporées aux trains transatlantiques et remplacent les salons de l'ex Club Train.

 

Train transatlantique en gare maritime de Cherbourg. +

La composition des rames était souvent completée par un restaurant de la CIWL, dont la caisse en teck venait parfaire l'esthétique de la rame, et completée de fourgons à quatre ou huit portes.

Arrivée d'un train transatlantique à Cherbourg formé de voitures Ouest à bogies et d'un restaurant CIWL (Coll R.Arzul)


Machines

L'exploitation des trains transatlantiques correspond au passage du matériel à bogies, et necessite donc le matériel le plus récent dont dispose la compagnie de l'Ouest. A l'époque, la compagnie ne dispose pas encore des "Pacific", aussi la traction est confiée aux 220-500 sorties en 1897, mais surtout aux 230 qui seront disponibles vers 1900.

 

Train transat formé de la machine 230 2558 et voitures Ouest +

Ici une 220 série 500 en tete du train au départ de Cherbourg. +

Une 230 série 2700 au départ +

A l'époque de l'Etat, le train transatlantique n° 8103 en route vers Cherbourg remorqué par la 230-160 (Coll R.Arzul).

Photo d'un train transatlantique prise vers 1900 (Photo DR/Coll L.Fournier)

 


A lire:

"Les trains transat", par Maryse Angelier, aux éditions LVDR n° 1526 (nb: cf composition du train non daté en dernière page)

"Le train du Titanic", par L.Fournier, paru dans la revue Correspondance n°11 de 2004

 

 

 

 

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