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Les voitures transatlantiques de l'Etat

Mise à jour 30 sept 2017 µ

 

En 1929, le réseau de l'Etat commande aux Entreprises Industrielles Charentaises 50 voitures salons dérivées des voitures OCEM à face lisses de première classe à 8 compartiments pour les services transatlantiques.

Voiture transat de la deuxième série (1931)

Deux types de voitures sont construits et mis en service à partir de 1931:

Aménagements des voitures transatlantiques OCEM

 

La construction de ces voitures avait fait appel à un double panneautage en tole, les faces étant réalisées en épaisseur 3mm, et de 1,5mm pour les parois interieures (1.25mm pour la partie cuisine). L'isolation thermique avait été réalisé par des panneaux de liège compressé. La création des salons en lieu et place des compartiments du véhicule A8 avait conduit à porter les épaisseurs des cloisons restantes à 3mm contre 1mm. Les bogies sont de type Y2C, toutefois celui supportant la cuisine a été renforcé. La voiture est assemblée par des rivets fraisés, dont la tête est logée dans les bandeaux metalliques.

Les teintes vert foncé et vert d'eau choisies pour les voitures transatlantiques de 1931 sont identiques à celle de la première série. Les toitures sont blanches.

L'aménagement interieur des voitures a été étudié par les Entreprises Industrielles Charentaires avec le concours de Mr Pacon, architecte conseil du réseau de l'Etat. Dans les salons et le couloir, une moquette est posée sur l'ensemble du linoleum. Les tôles intérieures sont laquées. Les couleurs retenues sont le "gris chaud, le brun rouge et les tons havane". Pour trancher avec ces tons, la compagnie a retenu une couleur vert pour le tissu des sièges ainsi qu'un chromage des bandes métalliques intérieures. Toutefois, une série de voiture a été réalisées avec des tissus de sièges "roux et bruns" en remplacement du "vert et bruns", le dessin des tissus restant identique.

Ces voitures circulent en couplage de deux voitures, l'espace cuisine est placé au centre des deux voitures de façon à limiter les déplacements du personnel d'accompagnement.

L'ensemble de la rame, composé de plusieurs couplages et encadré généralement par deux fourgons Etat à bogies, a fière allure. Le matériel est employé sur les lignes de Cherbourg et du Havre.

 


1936: Déclassement en seconde classe

En 1936, cinq couplages sont déclassés en seconde classe, dont les A2syfi 354, 356, 360, 362, 374 et les A4yfi 302, 307, 308, 312, 321. Les voitures sont alors renumérotées dans les tranches B2syfi et B3yfi, en conservant leur numero d'origine.

L'aménagement de ces voitures est modifié de façon à permettre l'accueil de quatre personnes par table au lieu de deux dans les premières. Dans les voitures sans cuisine, un des petits salons est aménagé pour le dépot des bagages.

 


1939-1945: les voitures transatlantiques pendant le conflit

Ces voitures de luxe sont utilisées pour le transport des officiers.

La voiture 308 est aménagée pour le service de santé allemand, l'aménagement des salons étant remplacé par des salles de visite.

 


1945: Les ex Transat à la SNCF

Le retour à la paix ne permet pas d'utiliser aussitôt les voitures transatlantiques. Tout d'abord les ports doivent d'abord accueillir les marchandises de première nécessité et certains d'entre eux tels Cherbourg ou Le Havre sont dans un état pitoyable. La gare transatlantique de Cherbourg a été bombardée et ne sera reconstruite qu'en

Par ailleurs l'aviation a fait d'énormes progrès et après la guerre ce moyen de communication rapide devient très vite à la mode, et concurrence les voyages par mer. Il faut se rendre alors à l'évidence: les voitures transatlantiques sont trop nombreuses, et bientôt il faut leur trouver une nouvelle utilisation.

 

12 voitures transat sont louées en 1948 à la CIWL. Il s'agit des voitures 351, 354, 356, 358, 363, 365, 366, 367, 368, 370, 372, 373.

Le contrat passé avec le réseau de l'Etat permet à la CIWL de transformer les voitures et de modifier l'aspect extérieur des voitures, qui sont alors peintes en bleu. L'absence de place au dessus des fenêtres conduit à porter la raison sociale de la CIWL sous les fenêtres des voitures.

Voiture CIWL ex-Transat en gare de Dieppe Maritime. Notez le sigle CIWL placé sous les fenetres

 


1955: Voiture bar toilette du Zon Express

Une des ex-voitures transat (ex A2S yfi 358) est incorporée en 1955 au train "Zon Express" reliant Amsterdam à Nice. Pour ce service, la voiture est modifiée: ajout d'un bar type "Mistral" et ajout de cinq lavabos dans cinq compartiments. La réalisation de ces équipements nécessite le déplacement du système de freinage à vis.

La voiture du Zon express ( coll R.Arzul)

 


Voitures bar à la SNCF

En 1959, les 10 autres voitures sont transformées en voitures-bar et immatriculées 54520 à 530. Elles comportent 4 compartiments de seconde classe, et un espace bar situé à l'ancien emplacement cuisine des voitures transatlantiques.

La voiture 54526 est incendiée en juin 1967.


Voitures Snack bar

A partir de 1964-66, neuf des véhicules seront transformés en voitures Snack bar. La modification nécessitera la suppression d'un des quatre compartiments. Ces vehicules recoivent alors l'immatriculation UIC dans la série 51 87 85 47201 à 210.

 

 


Notes:

"Note sur les voitures transatlantiques du réseau de l'Etat", par M.Lion, RGCF de 1931

Catalogue France Trains 1979

Article de LVDR sur le Zon Express

Un véhicule de ce type a été préservé: il s'agit de la voiture 306, sauvegardée par l'association du musée de la Mine à Oignies (62). Le véhicule a été repeint aux couleurs d'origine, l'intérieur reste équipé comme une A8 à compartiments.